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Vallée de Joux : les zones d'ombre autour des abus d'un ancien pasteur

Tu te souviens de cette conversation chuchotée après le culte, quand quelqu'un glisse «tu sais, avec le pasteur…» et que tout le monde fait semblant de ne pas entendre? Cette petite gêne qui flotte dans le parking, on l'a tous connue un jour.

mis à jour 09 août 2026

Vallée de Joux : les zones d'ombre autour des abus d'un ancien pasteur

Eh bien parfois, derrière ces murmures, il y a six ans de silence organisé. Selon Evangeliques.info, Antoine S., ancien pasteur de la paroisse de la vallée de Joux, est au cœur d'accusations de comportements inappropriés envers plusieurs femmes — et c'est la gestion de l'Église évangélique réformée vaudoise (EERV) qui se retrouve sur la sellette, pas seulement l'homme.

Ce qui s'est passé, sans langue de bois

Plusieurs employées de l'Hôpital de la vallée de Joux — où Antoine S. exerçait comme aumônier — l'accusent de «gestes déplacés». L'une d'elles parle d'un traumatisme durable, d'après 24 Heures, relayé par Blick. Les premiers signalements remontent à fin 2018. Six ans pendant lesquels l'institution a gardé le silence. Le pasteur a présenté des excuses, subi des mesures disciplinaires internes, été écarté de l'hôpital… puis a continué son ministère pastoral ailleurs sans que ça ne gêne personne. Il n'a quitté ses fonctions qu'en mars 2024, de son propre chef, après de nouveaux signalements. Aucune enquête pénale n'a été ouverte, a précisé le parquet vaudois.

Et là, cerise sur le gâteau: en avril 2026, des responsables paroissiaux auraient été encouragés à ne pas rendre publics des procès-verbaux mentionnant des «attouchements». Pendant ce temps, l'Église évangélique réformée de Suisse avait lancé une «task force» sur les abus sexuels dans le cadre ecclésial dès janvier 2024. Timing curieux, non?

Et ton assemblée locale dans tout ça?

Je vais être franc avec toi, frère: ce genre d'histoire ne reste pas cantonnée aux bords du lac Léman. Elle circule, elle s'imprime dans la tête des paroissiens, elle abîme la confiance. Et toi, dans ton église, tu te retrouves à gérer le soupçon — parfois fondé, parfois délirant, mais toujours là. Trois réflexes à poser dès maintenant, parce que la priorité numéro un, c'est de protéger les gens, pas l'image de la maison.

  • Exige une charte écrite. Pas un «on en parlera si ça arrive». Un document public qui dit qui signale quoi, à qui, sous quel délai, avec quel suivi concret. Si ta communauté ne l'a pas, propose-le ce mois-ci à ton conseil.
  • Sépare le pouvoir pastoral du pouvoir d'enquête. Le même homme qui prêche le dimanche ne devrait pas être celui qui «traite» un signalement. C'est la base — et c'est encore loin d'être acquis partout.
  • Documente sans tout garder secret. Le silence ne protège pas les victimes, il protège l'institution. Et quand le silence saute — et il saute toujours — c'est toute l'Église qui trinque pendant que le pasteur est déjà loin.

Ce qu'il faut garder à l'œil

Le parquet vaudois affirme qu'aucune enquête pénale n'est ouverte. À voir si ça reste vrai dans les semaines qui viennent, surtout après les révélations d'avril 2026 sur les procès-verbaux retenus. Côté EERV, la transparence sur les «attouchements» mentionnés dans ces documents reste entière. Et dans chaque communauté locale, la vraie question n'est pas «est-ce que ça peut arriver chez nous?» — c'est «qu'est-ce qu'on a mis en place pour que ça ne dure pas six ans si ça arrive?».

Contexte plus large, pour ne pas se raconter que c'est un épiphénomène: en octobre 2025, les Églises réformées romandes ont licencié deux journalistes de Protestinfo qui enquêtaient sur le théologien Daniel Marguerat, accusé d'abus sexuels. Dans le canton de Neuchâtel, une pasteure a été exclue du ministère en juin dernier pour abus spirituels et sexuels. La «task force» nationale existe — encore faut-il qu'elle morde vraiment, et qu'on ne la transforme pas en cache-misère.

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