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Femmes pasteures dans les Églises de réveil : une nouvelle autorité spirituelle à Paris

Comme le révèle un récent reportage de RFI, des pasteures et prophétesses, telle Grace Babela officiant au Centre évangélique de Paris à Bussy-Saint-Georges, assument des rôles de direction devant des assemblées mixtes.

mis à jour 08 août 2026

Femmes pasteures dans les Églises de réveil : une nouvelle autorité spirituelle à Paris

Dans une région parisienne où les Églises de réveil attirent de nombreux fidèles des diasporas africaines, un mouvement prend de l'ampleur: de plus en plus de femmes prennent la parole et l'autorité spirituelle. Comme le révèle un récent reportage de RFI, des pasteures et prophétesses, telle Grace Babela officiant au Centre évangélique de Paris à Bussy-Saint-Georges, assument des rôles de direction devant des assemblées mixtes. Cette évolution, loin d'être anodine, interroge directement nos ecclésiologies pratiques et les fondements de l'autorité au sein du corps du Christ.

1. Le contexte: une visibilité nouvelle dans les diasporas

Le reportage situe clairement le phénomène: nous ne parlons pas d'une initiative isolée, mais d'une tendance observable au sein des Églises de réveil de la capitale. Des femmes y prêchent et prophétisent depuis plusieurs années, comme en témoigne Grace Babela, pasteure et prophétesse depuis 2021. Ces ministères s'exercent devant des assemblées composées en grande partie de fidèles issus des diasporas africaines, un contexte culturel spécifique où la visibilité féminine en chaire était historiquement moins courante.

L'enquête de RFI cite aussi des travaux de la chercheuse Sarah Demart (2017), qui qualifiait déjà les femmes de « piliers » de ces économies religieuses. Leur rôle ne se limite donc pas au culte; ils s'étendent à l'évangélisation et à l'accompagnement communautaire.

2. Le principe: entre tradition, préjugés et réception contrastée

L'émergence de ces ministères féminins ne se fait pas sans tension théologique. Le témoignage de Grace Babela est éloquent: « Je suis un blasphème pour certains chrétiens. » Elle explique que des frères et sœurs, « même au sein des églises évangéliques », s'opposent à ce qu'une femme « prenne autorité sur des hommes » en enseignant dans une assemblée mixte, s'appuyant sur leur lecture de certaines épîtres pauliniennes. Cette opposition persiste en 2026, indique-t-elle.

À l'inverse, le reportage recueille aussi le vécu de fidèles comme Fanny. Pour elle, la proximité ressentie avec une pasteure est décisive: « Elle parle avec le cœur de ce que tu vis... C'est une approche moins dogmatique. » Son mari, initialement réticent à cause du genre des officiants, a fini par apprécier les cultes après l'avoir accompagnée. Ce contraste illustre le paysage: une pratique en expansion qui bouscule des convictions profondes, créant à la fois des adhésions ferventes et des résistances doctrinales.

3. L'action: discerner le fondement et la pratique

Face à cette réalité mouvante, notre responsabilité n'est pas de juger les personnes, mais d'examiner les Écritures et d'en tirer des principes d'action pour notre propre cheminement.

  • Vérifier la fondation scripturaire. Interrogeons-nous sans passion: quels textes précis traitent de l'enseignement et de l'autorité dans l'assemblée? Quels sont leurs contextes historiques et culturels? Une étude sérieuse des passages comme 1 Timothée 2:11-12 ou 1 Corinthiens 14:34-35, en parallèle avec d'autres textes (comme ceux mentionnant des femmes qui prophétisaient, telles en Actes 2:17 ou 1 Corinthien 11:5), est indispensable pour ne pas construire sur le sable des seules traditions ou des réactions émotionnelles.
  • Observer les fruits et le service. Le reportage note l'influence des pasteures au-delà de la sphère religieuse, dans les conseils matériels et professionnels. Jésus nous dit: « C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Matthieu 7:16). Quels fruits produisent ces ministères? Font-ils naître une foi plus profonde, une vie communautaire plus saine, un service désintéressé? L'évaluation doit se faire sur la réalité, pas sur l'étiquette.
  • Engager le dialogue fraternel. La férocité du débat n'aide personne. Si cette question est source de friction dans notre communauté, le chemin est celui de l'étude biblique partagée, menée dans un esprit de douceur et d'humilité (Galates 6:1), visant l'unité dans la vérité. Le témoignage du mari de Fanny, transformé par l'expérience, rappelle que le dialogue concret peut aussi éclairer la doctrine.

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