Protection des mineurs : tirer les leçons de l'affaire de l'éducateur des Yvelines
Comme le rapporte France Info, un éducateur de gymnastique de 58 ans a été mis en examen le 23 juillet dans les Yvelines pour des faits d'agressions et de harcèlements sexuels visant une dizaine de mineures.

Les charges retenues incluent l'agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans par personne abusant de l'autorité de sa fonction, le harcèlement sexuel et moral, ainsi que des violences sans incapacité. Pour une communauté évangélique qui accueille chaque semaine des enfants et des adolescents, cette affaire n'est pas qu'un fait divers: elle interroge directement la manière dont nous exerçons toute forme d'autorité pastorale ou éducative.
Le constat factuel
L'homme exerçait dans le département des Yvelines. Selon la même source, qui relaie l'Agence France-Presse et confirme une information du Parisien, il est soupçonné d'avoir agressé une dizaine de mineures dans le cadre de son activité professionnelle. Le parquet de Versailles a confirmé la mise en examen. La source précise par ailleurs que le secteur du sport a enregistré 327 signalements en 2025, en hausse de 40 % par rapport à l'année précédente sur la même période. Le phénomène n'est donc ni marginal, ni circonscrit à une seule discipline.
Ce que les Écritures encadrent
Une salle de sport, une école du dimanche, un groupe de jeunes, une colonie biblique: le schéma est identique. Un adulte en position d'autorité, un mineur sous sa responsabilité, un lien de confiance censé protéger. Quand ce cadre est trahi, c'est tout le corps ecclésial qui porte une part de responsabilité si elle n'a pas prévu de garde-fous.
Plusieurs textes bibliques encadrent directement la question. Jésus place l'enfant au centre de l'attention du disciple: « Si quelqu'un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu'on suspende à son cou une meule de moulin et qu'on le jette au fond de la mer » (Matthieu 18.6). L'apôtre Paul rappelle la solidarité du corps: « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Corinthiens 12.26). L'épître aux Hébreux demande aux responsables de veiller sur les âmes qui leur sont confiées (Hébreux 13.17). Ces versets n'autorisent pas la naïveté; ils imposent une vigilance organisée.
Trois mesures concrètes pour nos communautés
1. Vérifier les antécédents. Toute personne en contact régulier avec des mineurs dans le cadre d'une activité ecclésiale doit présenter un extrait de casier judiciaire (B3) vierge. Cette vérification doit être tracée dans un registre pastoral, conservée par un référent identifié.
2. Instaurer la règle des deux adultes. Aucun encadrant ne doit se retrouver seul avec un mineur dans un espace fermé sans visibilité. Cette règle protège simultanément l'enfant, l'encadrant et l'Église, en évitant toute situation ambiguë.
3. Former et informer. Encadrants comme mineurs doivent connaître les limites du toucher, les comportements appropriés et la procédure interne de signalement. En cas de doute, une adresse et un interlocuteur unique doivent être connus de tous.
Une communauté qui enseigne le respect de la dignité humaine se doit, dans ses propres structures, de montrer qu'elle applique ce qu'elle proclame.