Féminicides : l'Église Évangélique du Cameroun appelle à une mobilisation concrète
Selon chretiens.com, l’Église Évangélique du Cameroun prend publiquement position face à la montée des féminicides.

Cette parole place la protection des femmes au cœur de la responsabilité chrétienne et rappelle aux communautés que la foi ne peut rester à distance lorsque la violence atteint les familles. Pour les Églises locales, l’enjeu est désormais de transformer cette prise de parole en gestes concrets, visibles et durables.
Une parole qui engage les communautés
Le fait qu’une institution ecclésiale brise le silence sur les féminicides compte dans un contexte où les violences faites aux femmes ne relèvent pas seulement du débat public: elles touchent les foyers, les proches et les réseaux de confiance. Une Église qui s’exprime sur ce sujet ne parle donc pas uniquement depuis la chaire. Elle intervient dans un espace où des femmes peuvent chercher une écoute, une protection ou un premier relais.
Cette parole appelle aussi les responsables chrétiens à regarder les habitudes communautaires: ce qui est minimisé, ce qui est tu, ce qui est renvoyé à la seule sphère privée. Une dispute conjugale ne doit pas être traitée comme un simple conflit à régler par davantage de patience ou de prière lorsque la sécurité d’une personne est en jeu. La priorité doit être la mise à l’abri et l’accès à une aide adaptée.
Le signal envoyé par l’EEC peut ainsi ouvrir un travail collectif: parler clairement de la violence, former les responsables, accueillir la parole des victimes et éviter toute pression qui conduirait une femme à retourner dans une situation dangereuse.
Passer du message à l’action
Dans une paroisse ou une assemblée locale, plusieurs mesures peuvent être engagées sans attendre un grand programme. La première consiste à désigner quelques personnes formées pour recevoir une confidence avec discrétion, sans jugement et sans promettre une solution qu’elles ne peuvent pas garantir. Leur rôle n’est pas de remplacer les professionnels, mais d’orienter vers les structures compétentes.
La deuxième est de rendre l’information accessible. Les communautés peuvent prévoir, dans leurs locaux et leurs supports habituels, un espace consacré aux ressources d’aide disponibles sur leur territoire. Le message doit être simple: une personne victime de violence n’a pas à porter seule le poids du silence. Elle peut chercher du soutien auprès de personnes de confiance, de services spécialisés et des autorités compétentes lorsque sa sécurité l’exige.
La troisième mesure concerne les hommes. Les enseignements et les échanges communautaires peuvent rappeler que la responsabilité, la maîtrise de soi et le respect ne sont pas des thèmes secondaires de la vie chrétienne. Ils doivent aussi être accompagnés d’une remise en question des comportements de contrôle, d’intimidation et de domination. Une communauté protectrice ne se contente pas de condamner les violences après un drame: elle travaille en amont sur les attitudes qui les rendent possibles.
Ce que les Églises peuvent suivre maintenant
La prise de position rapportée par chretiens.com devra surtout être évaluée à travers ses suites. Les fidèles peuvent demander à leur Église locale quelles actions sont prévues: temps d’information, formation des responsables, procédure d’accueil d’une personne en danger, liens avec des professionnels et règles de confidentialité.
Les responsables peuvent, de leur côté, établir un plan en trois étapes: identifier les personnes-relais, recenser les ressources fiables du territoire, puis expliquer clairement à l’assemblée comment demander de l’aide. Ce travail peut commencer avec les moyens déjà disponibles, un petit groupe volontaire et un calendrier précis.
La parole publique ouvre une porte. L’impact se mesurera dans la capacité des communautés à écouter sans banaliser, à protéger sans exposer davantage et à accompagner sans se substituer aux services compétents. C’est à ce niveau, dans les liens concrets entre les personnes, que la défense de la vie prend une forme vérifiable.