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Répression à Moscou : les Bibles de Mission Eurasia désormais saisies par les autorités

Comme le rapporte Actualités chrétiennes, les autorités russes ont inscrit en mai dernier Mission Eurasia sur la liste des « organisations indésirables », et depuis, elles fouillent séminaires…

mis à jour 07 septembre 2026

Répression à Moscou : les Bibles de Mission Eurasia désormais saisies par les autorités

Comme le rapporte Actualités chrétiennes, les autorités russes ont inscrit en mai dernier Mission Eurasia sur la liste des « organisations indésirables », et depuis, elles fouillent séminaires, librairies et églises à la recherche de ses publications — y compris des Bibles distribuées depuis des décennies. En lisant ces lignes, j'ai posé ma main à plat sur la table et j'ai laissé descendre l'information dans mon corps, avant même de la comprendre. Ce qui se joue à Moscou n'est pas un fait divers géopolitique: c'est une page de la même histoire que la nôtre, le récit d'un livre qu'on essaie encore de soustraire aux mains qui l'ouvrent.

Quand une Bible devient un document saisi

Le 13 mai, le ministère russe de la Justice a placé Mission Eurasia, organisation états-unienne qui forme et mobilise des responsables chrétiens en Eurasie et en Israël, sur sa liste noire. Deux jours plus tard, la police se rendait au bureau de Peter Mitskevich, président du Séminaire théologique de Moscou et dirigeant de l'Union russe des chrétiens évangéliques-baptistes — la plus importante dénomination évangélique du pays. Les agents y ont saisi plusieurs ouvrages publiés par Mission Eurasia — notamment The Phenomenon of Leadership et Holistic Mission — ainsi que des Bibles portant le logo de l'organisation. Mitskevich a reçu une amende pour la seule détention de ces documents.

Le pasteur Andre Furmanov, qui sert une communauté évangélique à Vyborg, près de la frontière finlandaise, raconte avoir reçu en mai un appel de son avocat l'invitant à vérifier la bibliothèque de son église: toute personne trouvée en possession des publications de Mission Eurasia s'expose à des poursuites. « Le plus inquiétant, c'est qu'il ne semble pas y avoir d'explication publique et détaillée de la part des autorités russes précisant ce que Mission Eurasia aurait fait pour justifier une telle désignation », témoigne-t-il. De son côté, Sergey Rakhuba, président de Mission Eurasia, déclare à Christianity Today: « Je ne sais pas pourquoi des Bibles portant le logo de Mission Eurasia sont considérées comme du matériel extrémiste. » Selon lui, nombre de ces documents étaient depuis plus d'une décennie dans les bibliothèques d'organisations chrétiennes russes, et l'organisation a reçu plusieurs témoignages de visites policières dans des églises et institutions du pays.

Ce que cela nous rejoint, ici

Peut-être serions-nous tentés de regarder cette nouvelle de loin, comme on regarde une carte. Je me surprends à faire ce geste moi aussi — reculer pour ne pas trembler. Et puis je me souviens que nous tenons, dimanche après dimanche, le même livre. Ce qui se joue à Moscou, c'est la question de savoir si une Bible peut encore circuler librement de main en main, et cela nous concerne jusque dans la manière dont nous la posons sur la chaire, dont nous la tendons à un visiteur, dont nous laissons un enfant tourner ses pages sans surveillance. Mission Eurasia a annoncé avoir « délibérément cessé de communiquer » avec ses partenaires russes — pasteurs, responsables, anciens étudiants — pour ne pas les mettre en danger. Ce silence forcé, cette distance imposée entre frères et sœurs de même foi, mérite, je crois, autre chose qu'un haussement d'épaules.

Un geste très simple

Si cette nouvelle t'a touché, je te propose un seul geste, à faire chez toi, sans rien préparer d'autre. Prends ta Bible — celle que tu utilises le dimanche, ou celle qui traîne sur ta table de nuit. Pose-la ouverte devant toi, à une page que tu ne choisis pas. Reste un instant les mains à plat de chaque côté du livre, sans rien attendre, et laisse ta respiration se poser. Quand elle se pose, pense à un prénom, à un visage — peut-être Mitskevich, peut-être Furmanov, peut-être une sœur ou un frère russe que tu n'as jamais rencontré mais qui ouvre ce matin le même livre que toi, la même peur dans la gorge. Reste ainsi le temps qu'il te semblera juste, puis referme le livre doucement. Tu n'auras rien « fait ». Tu auras tenu, l'espace de quelques souffles, une page ouverte avec eux.

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