Vivre sa foi au quotidien : l'enseignement de Jésus et de Paul sur la prière
C'est dans le compte rendu d'une conférence donnée à Abuja par l'évêque David Abioye, fondateur de Living Word Conquerors Global Assembly, que j'ai retrouvé, posée en d'autres mots, l'observation que…

C'est dans le compte rendu d'une conférence donnée à Abuja par l'évêque David Abioye, fondateur de Living Word Conquerors Global Assembly, que j'ai retrouvé, posée en d'autres mots, l'observation que je faisais sur moi-même cette semaine: mon corps finit toujours par réclamer ce que mon agenda lui refuse — une nuque raidie par les heures d'écran, un souffle trop court avant de franchir la porte d'un lieu de culte. L'enseignement, présenté sous le titre Prevailing Through Prayers lors d'une Solemn Assembly Prayer Conference organisée conjointement par la Christian Pentecostal Fellowship of Nigeria et le Pentecostal Fellowship of Nigeria, chapitre du Territoire de la capitale fédérale, mettait en avant une conviction toute simple et pourtant difficile à vivre ensemble: la prière qui dure n'est pas un ajout à la foi, elle en est le souffle.
Ce que l'enseignement a osé nommer
L'évêque Abioye s'est appuyé sur Philippiens 4.6 — en tout, prier — pour rappeler que la prière n'est pas un recours réservé aux jours de détresse. Il a prévenu que la tiédeur spirituelle mène, à terme, à l'épuisement et à l'échec, et qu'un croyant qui ne prie pas devient, peu à peu, un croyant sans vie. Trois pièges guettent, selon lui, celui qui néglige cet exercice: s'évanouir, échouer, tomber. Et d'ajouter, dans une image qui m'est restée: ce que la respiration est au corps, la prière l'est à la vie intérieure.
Le pasteur Matthew Akande, évangéliste général de la région CAC Medaiyese d'Abuja, a prolongé ce diagnostic. Pour lui, les combats spirituels ne choisissent pas leurs cibles: pécheurs et croyants y sont exposés chaque jour, et c'est la persévérance dans la prière — jusqu'à ce que les réponses se manifestent — qui maintient debout. Un appel à revenir aux fondations de l'intercession et de la foi pour retrouver, ensemble, une autorité qui s'use vite quand on ne la nourrit plus.
Une question que je me pose, et que je vous tends
Je sais combien il est facile de hocher la tête en lisant cela, puis de refermer l'écran et de revenir au même engrenage. Moi-même, je confesse que mes journées ressemblent souvent à une longue liste traversée en apnée. Alors je me suis posé une question, et je vous la pose à votre tour, sans aucune injonction: qu'est-ce qui, dans votre horaire réel — pas dans votre horaire idéal —, tient actuellement lieu de souffle? Et qu'est-ce qui, au contraire, vous en coupe lentement, sans même que vous le perceviez?
Les responsables d'églises présents à Abuja ont, eux, reçu un appel plus précis encore: veiller à ce que l'appel pastoral ne se laisse pas gagner par la commercialisation, et protéger une autorité qui se forge, a insisté l'évêque, dans la pureté et la communion secrète avec Dieu. Une parole qui rejoint, je crois, celles et ceux qui portent une charge de communauté sans toujours trouver l'espace pour se laisser eux-mêmes être rejoints.
Un exercice, plutôt qu'une liste
Plutôt qu'une liste de choses à faire, je vous propose un seul geste, à renouveler cette semaine quand vous sentirez le réflexe automatique vous reprendre. Posez une main sur votre ventre. Laissez revenir trois souffles lents, sans rien corriger. Puis, à voix basse ou tout au fond de vous, glissez vers les mots simples de Philippiens 4.6 — en tout, prier — comme on les dirait à un ami fatigué plutôt qu'à un juge. Et restez là, sans rien ajouter, le temps que quelque chose se dépose. Ce n'est pas un programme. C'est, je l'espère, une porte laissée entrouverte, le temps d'un souffle.