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Vie spirituelle des évangéliques : un bilan mitigé à l'heure de l'auto-évaluation

D'après une étude relayée par la Billy Graham Evangelistic Association, les chrétiens évangéliques américains s'accordent en moyenne un C+ lorsqu'ils notent leur propre vie spirituelle.

mis à jour 20 août 2026

Vie spirituelle des évangéliques : un bilan mitigé à l'heure de l'auto-évaluation

Le sondage, conduit par Infinity Concepts et Grey Matter Research auprès de 1 000 croyants, évalue douze domaines clés du discipleship sur une échelle de 1 à 4. Pour une communauté qui place la maturité chrétienne au cœur de sa mission, ce verdict chiffré mérite qu'on s'y arrête.

1. Le contexte: une photographie sans fard

L'étude, intitulée The Spiritual Report Card: Perception vs. Practice Among Evangelicals, couvre la prière, la connaissance biblique, la lecture de la Bible, la dîme, la générosité financière, le bénévolat, l'assiduité au culte, la louange, les relations chrétiennes, l'évangélisation, le ministère et la relation avec Dieu.

La moyenne globale atteint 2,42 — soit l'équivalent d'un C+. Douze pour cent des répondants se donnent un A, mais 16 % s'attribuent un D+ ou moins. Point encourageant: les notes collent fidèlement aux pratiques déclarées. Les évangéliques ne se surévaluent pas; ils se connaissent avec une lucidité qui détonne.

2. Le principe: forces déclarées, angles concrets

Le sondage révèle un contraste instructif. Les domaines les mieux notés relèvent du cœur et de l'intime: « Mettre Dieu en premier dans sa vie » (2,88) et « Sa vie de prière » (2,87). Les domaines les plus faibles engagent le temps, les relations et le portefeuille: l'évangélisation — « Aider d'autres à venir à connaître Jésus » (2,16) —, la générosité (« Donner son argent », 2,13) et la dîme (2,01).

Cette répartition fait écho à Apocalypse 3.16, où le Christ reproche à l'Église de Laodicée d'être « tiède » — ni chaude, ni froide. Ron Sellers, président de Grey Matter Research, le formule sans détour: « Quand certains évangéliques disent qu'ils luttent spirituellement, ils ne sont généralement pas trop sévères — ils sont honnêtes. »

3. L'action: passer de la lucidité à l'obéissance

Le rapport cerne le nœud du problème: « Le défi n'est pas d'aider les croyants à voir où ils en sont. La plupart le savent déjà. Le défi est de les aider à passer à l'étape suivante — de la prise de conscience à l'action, de l'intention à l'obéissance, et de l'aspiration spirituelle à la formation spirituelle. »

Trois vérifications concrètes s'imposent:

  • Sur l'évangélisation: ai-je, dans les six derniers mois, prié nommément pour une personne non-croyante et cherché à lui parler du Christ?
  • Sur la dîme et la générosité: mon budget reflète-t-il un ordre où Dieu passe effectivement avant mes loisirs et mes consommations?
  • Sur la lecture biblique: si je m'accorde un A dans ce domaine, ai-je un créneau fixe chaque jour, et depuis quand? L'étude rappelle qu'environ trois quarts des répondants s'étant donné un A lisent effectivement la Bible tous les jours.

Mark Dreistadt, président et chef de la direction d'Infinity Concepts, conclut: « Cette étude offre ce que tout leader d'Église souhaite mais possède rarement: un regard candide sur la façon dont les croyants évaluent leur propre santé spirituelle. L'encouragement: la plupart des chrétiens reconnaissent leurs forces et leurs luttes. Le défi pour l'Église: les aider à passer d'une conscience honnête à une croissance intentionnelle. »

Un dernier point mérite attention. La majorité des répondants estime que le culte en streaming ne remplace pas le rassemblement physique. Pour qui s'habitue à la consommation solitaire, la question de la présence communautaire redevient un lieu d'examen personnel — et un terrain d'obéissance concrète.

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