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Une théologienne suisse au cœur du pèlerinage chiite de l'Arba'in

Comme le rapporte le magazine Réformés, Christine Schliesser, professeure titulaire de théologie systématique, a été invitée à participer à l'Arba'in par le Centre Kerbala d'études et de recherche du mausolée de Husain.

mis à jour 13 août 2026

Une théologienne suisse au cœur du pèlerinage chiite de l'Arba'in

Une théologienne réformée de Zurich a marché, cet été, aux côtés de vingt millions de pèlerins chiites entre Najaf et Karbala, en Irak. Comme le rapporte le magazine Réformés, Christine Schliesser, professeure titulaire de théologie systématique, a été invitée à participer à l'Arba'in par le Centre Kerbala d'études et de recherche du mausolée de Husain. Ce déplacement, relayé par la presse protestante suisse, nous amène, à notre tour, à poser trois questions concrètes pour nos assemblées évangéliques.

1. L'événement: ce qu'est l'Arba'in

L'Arba'in désigne le quarantième jour suivant l'Achoura, qui commémore la mort de l'imam Husain ibn Ali, survenue il y a environ 1 400 ans. Le pèlerinage relie la ville sainte de Najaf au mausolée de Husain à Karbala, sur une distance de 85 km parcourue à pied dans le désert. Les températures y atteignent 50 à 60 °C le jour et ne descendent pas en dessous de 35 °C la nuit. Les festivités s'achèvent par une cérémonie de deuil au cours de laquelle les hommes se frappent la poitrine en signe de chagrin. Environ vingt millions de fidèles y prennent part chaque année, venus de pays parfois en conflit les uns avec les autres.

2. Le parcours: qui est Christine Schliesser

Christine Schliesser enseigne la théologie systématique à l'université de Zurich. Elle assure par ailleurs un travail théologique de fond pour les Églises réformées Berne-Jura-Soleure (Refbejuso). Ses axes de recherche portent notamment sur la réconciliation et la paix. Elle a fondé la collection de livres « Religion Matters », publiée en open source et largement accueillie dans les pays du Sud. Elle est cofondatrice de l'organisme de conseil Lead Integrity, qui l'amène à entretenir des contacts internationaux avec des représentantes de différentes religions.

Interrogée par ref.ch, elle résume ainsi sa démarche: « La guerre et la violence sont depuis longtemps très présentes dans cette région. Quel rôle joue de ce point de vue un événement religieux comme le pèlerinage de l'Arba'in, qui suscite un fort sentiment de communauté parmi les participants, dont certains proviennent de pays ennemis? » Elle ajoute espérer en tirer des « enseignements pour l'Église de son pays ».

3. Les leçons: trois repères pour nos communautés

Premier repère — la distinction. Marcher à côté d'un pèlerin n'est pas confesser sa foi. L'Écriture commande la proximité sans confusion des doctrines; Paul rappelle qu'il ne cherche pas à « plaire aux hommes » mais à Christ (Galates 1:10). Tout dialogue interreligieux exige de nommer clairement ce en quoi nous croyons et ce que nous ne pouvons partager.

Deuxième repère — la prudence. Le Département fédéral des affaires étrangères déconseille les voyages en Irak depuis 2014. Christine Schliesser elle-même a indiqué que le départ était incertain en raison de la reprise des combats entre l'Iran et les États-Unis. Toute initiative en zone sensible doit être pesée avec les autorités civiles et le conseil de l'Église locale, et non décidée seule.

Troisième repère — la finalité. La théologienne dit vouloir rapporter des « enseignements » pour son Église. Pour nous, la question sera: ramenons-nous de ces rencontres une meilleure intelligence de l'Évangile, ou bien un syncrétisme qui en dilue l'exigence? La réponse tient à la discipline spirituelle et doctrinale du marcheur avant même celle du voyage.

Avant d'engager une telle démarche, prenons le temps de l'instruction biblique, de l'évaluation des risques et de la relecture fraternelle. C'est à cette condition que la rencontre de l'autre peut rester, pour le disciple, un service rendu à la Parole.

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