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Quand la théologie chrétienne dialogue avec la culture populaire chez IVP

Publishers Weekly annonce le lancement, en septembre, d'une nouvelle collection signée InterVarsity Press: « Discovering God in Pop Culture ».

mis à jour 18 août 2026

Quand la théologie chrétienne dialogue avec la culture populaire chez IVP

Coordonnée par Zachary Gordon avec les professeurs Kutter Callaway et Matthew William Brake comme co-éditeurs, cette série entend déplacer le débat: il ne s'agit plus seulement de repérer des thèmes religieux dans les œuvres populaires, mais d'examiner comment la foi chrétienne se laisse interroger et affiner par elles.

Le principe: la foi et la culture en dialogue

La ligne éditoriale, telle que la présente Gordon à Publishers Weekly, rompt avec deux postures courantes. La première consiste à se demander si le chrétien a le droit de regarder tel film ou d'écouter telle musique; la seconde se limite à signaler, ici et là, des références spirituelles. La collection vise un troisième registre: celui d'un engagement informé, où l'œuvre devient partenaire de relecture théologique. Les volumes couvriront cinéma, musique, littérature et d'autres formes encore. Le premier titre donne immédiatement le ton.

Premier volume: « Be Afraid », l'horreur comme genre biblique

L'ouvrage inaugural, Be Afraid: What Horror Reveals About Facing the Darkness, est rédigé par Kutter Callaway — professeur assistant de théologie et culture à la Fuller Theological Seminary — et paraît également en septembre. Le postulat est limpide: loin de constituer un écart hors de la foi, le cinéma d'horreur appartient, à maints endroits, au même univers que les textes bibliques. Pour Gordon, l'engagement informé avec ce genre peut être rédempteur, précisément parce que la Bible relève, en plusieurs lieux, du registre horrifique.

L'enjeu pastoral est central. Callaway observe, selon le résumé livré par la même source, que les liturgies, les prédications et la formation chrétienne tendent souvent à filer de Vendredi saint à Pâques sans laisser le temps de demeurer au tombeau. Conséquence: lorsque les croyants traversent un deuil, une peur, un trauma ou une complexité morale, ils risquent de croire que quelque chose a déraillé dans leur foi. La collection rappelle au contraire que la foi chrétienne a toujours été pensée pour naviguer ce type de monde — obscur, chaotique, menaçant et saturé de trauma.

Suite et mise en pratique

Deux autres titres sont d'ores et déjà sous contrat. Au printemps 2027 paraîtra un volume signé Soong-Chan Rah (professeur d'évangélisation à la Fuller Theological Seminary) et son fils Elijah Rah, artiste de la scène musicale avant-gardiste: un croisement de leurs perspectives sur le cinéma contemporain. À l'automne 2028 suivra Andrea Robinson (professeure au Huntsville Bible College) avec un ouvrage sur la manière dont l'anime peut aider à découvrir sens et finalité dans la vie présente, et à défier le lecteur de poursuivre un développement de caractère et une éthique personnelle — plutôt que de réduire l'espérance chrétienne à un simple « passe-droit » pour l'au-delà.

Pour intégrer cette démarche dès le prochain trimestre, trois gestes nous suffisent.

1. Choisir une œuvre précise déjà partagée avec la communauté — film, série, bande dessinée — et y adosser un verset qui entre en résonance, sans plaquer l'un sur l'autre mais en laissant les deux lectures s'éclairer.

2. Distinguer la fuite de la confrontation: regarder l'horreur pour se distraire n'est pas la même chose que se demander ce qu'elle enseigne sur la peur, le deuil ou la justice. Le livre de Callaway fournit cette grille.

3. Oser prêcher un texte biblique « d'horreur » — jugement, exil, lamentation — sans accélérer vers la résolution. Les auditeurs qui se reconnaissent dans Job ou dans le Psaume 88 entendent ainsi que la foi peut porter leur nuit sans exiger qu'elle se hâte de finir.

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