L'Alliance évangélique portugaise appelle les médias à la retenue face aux amalgames
Le 22 août, l'Alliance évangélique portugaise (AEP) a publié deux communiqués pour inviter les médias nationaux à ne pas tirer de « conclusions hâtives » sur deux dossiers qui, selon elle…

L'Alliance évangélique portugaise appelle à la prudence face aux raccourcis médiatiques
Le 22 août, l'Alliance évangélique portugaise (AEP) a publié deux communiqués pour inviter les médias nationaux à ne pas tirer de « conclusions hâtives » sur deux dossiers qui, selon elle, fragilisent la réputation de l'ensemble de la communauté évangélique du pays. Cette démarche intéresse directement les Églises francophones: elle montre comment une fédération évangélique européenne sépare rigoureusement les responsabilités individuelles, les convictions politiques personnelles et l'identité collective des Églises.
1. Le contexte: deux affaires, une même mise en garde
Le premier communiqué répond à des reportages de télévisions et journaux portugais qui relient la communauté évangélique à la création d'un nouveau « Mouvement des femmes conservatrices », présenté comme lié au parti populiste de droite Chega, crédité de 60 sièges à l'Assemblée nationale dans l'opposition. Le second communiqué concerne la condamnation d'un pasteur non enregistré à Seixal à cinq ans de prison avec sursis pour avoir facilité l'entrée illégale d'immigrés et loué des logements insalubres. Dans les deux cas, l'AEP dénonce une généralisation du terme « évangélique » qui ne distingue pas les Églises membres de l'Alliance des groupes isolés.
2. Le principe: distinguer l'individu, la foi et le mouvement politique
L'organisation rappelle un principe structurant pour toute communauté de foi: on ne peut tenir un groupe entier pour responsable des actes ou des opinions d'individus qui s'en réclament. Elle précise que le paysage évangélique portugais et européen est bien plus diversifié que ne le suggère l'expression « influence évangélique ». On y trouve des femmes conservatrices, mais aussi des femmes progressistes, syndiquées ou engagées pour les droits humains, sans affiliation partisane.
Sur le plan politique, la position est nette: l'AEP affirme ne s'associer à aucun mouvement politique, n'en soutenir ni condamner aucun, et ne recommander aucun vote aux croyants. Elle rappelle que la Constitution portugaise garantit la liberté d'association, y compris pour les citoyens d'une foi spécifique.
Pour le pasteur condamné, l'AEP avait déjà exprimé sa désapprobation dès mars 2025 et signalé que ni lui ni son Église n'appartenaient à l'Alliance.
3. L'action concrète pour une Église locale
Pour une Église francophone, trois vérifications s'imposent face à un traitement médiatique négatif:
- Confirmer l'affiliation. Avant de commenter une affaire impliquant un « pasteur » ou une « Église évangélique », vérifier si la structure relève d'une alliance reconnue. L'AEP représente environ 1 500 lieux de culte, 12 écoles de théologie et plus de 60 organisations d'action sociale au Portugal.
- Séparer foi, politique et droit commun. La foi chrétienne n'est pas un parti; un acte criminel individuel reste un acte criminel, sans entraîner l'Église dans une faute collective.
- Préparer une parole publique structurée. Un communiqué court, factuel, signé par les instances reconnues, évite l'amalgame et protège la crédibilité du témoignage collectif.
Membre de l'Alliance évangélique européenne et de l'Alliance évangélique mondiale, l'AEP pose ici un standard de communication que d'autres fédérations du continent pourraient reprendre: rappeler clairement qui parle, au nom de qui, et avec quelle responsabilité.